L’Association des professionnels de l’information pour le genre (APIG), en partenariat avec ONU Femmes et la Direction de l’Équité et de l’Égalité de Genre (DEEG), a lancé ce mardi à Saly-Portudal un atelier de renforcement des capacités destiné aux professionnels des médias.
La rencontre, qui se déroule sur trois jours, porte sur la budgétisation sensible au genre (BSG) et les violences basées sur le genre (VBG). Elle vise à améliorer la compréhension de ces thématiques par les journalistes afin de favoriser un traitement médiatique plus rigoureux et mieux documenté.
Prenant la parole à l’ouverture des travaux, la présidente de l’APIG, Adama Diouf Ly, a souligné l’importance d’une formation spécialisée sur ces questions.
« Le traitement journalistique de ces thématiques exige des compétences spécifiques, une bonne maîtrise des concepts, une compréhension des cadres juridiques et institutionnels ainsi qu’un profond respect des principes d’éthique et de déontologie. C’est tout l’intérêt de cet atelier qui nous offre l’opportunité d’approfondir nos connaissances, de renforcer nos capacités et d’améliorer la qualité de nos productions médiatiques », a-t-elle déclaré.
Selon elle, les médias ont un rôle essentiel dans la sensibilisation et l’information des populations sur les enjeux liés au développement et au bien-être des communautés.
« Les médias jouent un rôle fondamental dans la construction d’une société informée, juste et inclusive. En tant que journalistes et professionnels de l’information, nous avons la responsabilité de porter à la connaissance du public les enjeux qui affectent le développement de nos communautés et le bien-être de nos populations. Parmi ces enjeux figurent la budgétisation sensible au genre et les violences basées sur le genre, deux questions étroitement liées à la justice sociale, à la gouvernance et au respect des droits fondamentaux », a-t-elle ajouté.
La représentante d’ONU Femmes, Ndeye Seynabou Sarr, a salué le travail accompli par les journalistes dans la promotion de l’égalité et la sensibilisation des populations.
« À travers vos articles, reportages, émissions et contenus numériques, vous contribuez à sensibiliser les populations, à nourrir le débat public et à renforcer la redevabilité des institutions. Vous avez également le pouvoir de déconstruire les stéréotypes, de promouvoir des récits plus équilibrés et de mettre en lumière les défis auxquels les femmes et les filles continuent de faire face », a-t-elle affirmé.
Elle a également mis en avant la pertinence des thèmes retenus pour cet atelier.
« Les violences basées sur le genre demeurent l’une des violations des droits humains les plus répandues dans le monde. Elles ont des conséquences profondes sur la santé, l’éducation, l’autonomisation économique et la participation des femmes à la vie publique. Il est donc essentiel que leur traitement médiatique repose sur des données probantes, respecte les principes éthiques et contribue à la prévention plutôt qu’à la stigmatisation », a-t-elle expliqué.
Abordant la question de la budgétisation sensible au genre, Mme Sarr a estimé qu’elle constitue un outil stratégique pour la mise en œuvre effective des politiques publiques.
« Les budgets publics ne sont pas neutres. Ils peuvent contribuer à réduire les inégalités ou, au contraire, les perpétuer. Une meilleure compréhension des mécanismes budgétaires permettra aux médias d’apporter un regard plus éclairé sur les choix publics et leurs impacts sur les femmes et les hommes », a-t-elle indiqué.
Présidant la cérémonie d’ouverture, la directrice de l’Équité et de l’Égalité de Genre, Astou Diouf Guèye, a rappelé que la budgétisation sensible au genre ne consiste pas à élaborer un budget spécifique destiné aux femmes.
« La budgétisation sensible au genre est un puissant outil de gouvernance et de transparence qui vise à garantir que chaque franc investi par l’État contribue effectivement à réduire les inégalités et à répondre aux besoins spécifiques des hommes, des femmes, des filles et des garçons », a-t-elle déclaré.
S’adressant aux professionnels de l’information et de la communication, elle a insisté sur leur responsabilité dans la vulgarisation de ces questions.
« En tant que journalistes, vous avez la responsabilité de rendre accessibles ces questions techniques, de suivre les engagements publics et d’analyser les budgets de l’État sous le prisme du genre afin d’en informer les citoyens. Vous avez aussi le rôle de briser le silence autour des violences basées sur le genre. C’est par vos productions, vos investigations et vos reportages, menés dans le strict respect de l’éthique journalistique et de la protection des survivantes, que nous parviendrons à faire évoluer les mentalités et à transformer durablement notre société », a-t-elle soutenu.
Mme Diouf Guèye a toutefois rappelé que les défis restent importants en matière d’égalité.
« Il reste du chemin à faire et, par conséquent, les domaines marqués par les inégalités demeurent nombreux », a-t-elle conclu.




