L’Environmental Justice Foundation (EJF) poursuit son engagement en faveur de la promotion de la Charte mondiale pour la transparence des pêches au Sénégal. Dans le cadre de cette initiative, l’organisation œuvre au renforcement de la gouvernance du secteur de la pêche à travers une plus grande transparence, une meilleure participation des acteurs et l’intégration des principes de la Charte mondiale pour la transparence des pêches dans les réformes nationales, notamment dans le cadre de la révision du Code de la pêche.
Pendant deux jours, journalistes, acteurs de la pêche, parlementaires et représentants de la tutelle se sont retrouvés à Saly pour échanger sur les enjeux liés à la transparence dans le secteur de la pêche et sur l’importance du partage de l’information au bénéfice des communautés.
L’atelier a également permis de rappeler la place centrale des médias dans la gouvernance démocratique. Par leur capacité à informer, enquêter et sensibiliser les citoyens, les journalistes contribuent à promouvoir la transparence, à renforcer la redevabilité des institutions publiques et à alimenter le débat sur les politiques publiques.
Dans un contexte marqué par la révision de la législation sur la pêche au Sénégal, il apparaît nécessaire de renforcer les connaissances et les outils dont disposent les journalistes afin de leur permettre de mieux comprendre les enjeux liés à la transparence et d’interpréter les dispositions de la Charte mondiale pour la transparence des pêches.
L’objectif est de permettre à la presse de produire des contenus de qualité, capables d’éclairer le débat public et de contribuer aux réflexions autour des réformes en cours.
La transparence au cœur des échanges
Les discussions ont notamment porté sur plusieurs questions essentielles : pourquoi la transparence est-elle importante pour la gouvernance des pêches ? Quel rôle les médias peuvent-ils jouer dans le renforcement de la redevabilité et de la participation des acteurs ? Et comment les principes de la Charte mondiale pour la transparence des pêches peuvent-ils être appliqués au contexte sénégalais et intégrés aux réformes en cours ?
Présidant la rencontre, Cheikh Fall, directeur des Pêches maritimes, a souligné l’importance de la transparence et du journalisme dans l’amélioration de la gouvernance du secteur.
« La transparence et le journalisme sont essentiels à une meilleure gouvernance des pêches. Face aux pressions sur un secteur stratégique, il est prioritaire de renforcer la gestion durable et la transparence, de les intégrer dans les textes et les pratiques de gestion et de permettre aux médias d’informer, d’enquêter et de renforcer la recevabilité, afin de soutenir le plaidoyer pour une pêche durable », a-t-il déclaré.
Le directeur des Pêches maritimes a également insisté sur la nécessité de faire de la transparence une responsabilité concrète dans la gestion du secteur.
« La transparence doit devenir une responsabilité concrète dans la gestion des pêches, un secteur essentiel pour l’alimentation, l’emploi et les communautés côtières. Cela passe par des règles claires, des données fiables, un contrôle efficace et la participation des acteurs, ce qui constitue une priorité du ministère », a-t-il indiqué.
Selon lui, le nouveau Code de la pêche constitue une opportunité pour inscrire durablement ces principes dans les textes. Il a également appelé les journalistes à « vérifier, enquêter, croiser les sources et expliquer les enjeux ».
Cheikh Fall a enfin fait part de la disponibilité de la Direction des Pêches maritimes à participer aux échanges et à accompagner les réflexions issues de l’atelier.
L’accès à l’information, un enjeu majeur
Pour Bassirou Diarra, responsable pays de l’Environmental Justice Foundation (EJF), le secteur de la pêche, bien qu’étant un secteur productif, reste soumis à une forte pression sur les ressources. Cette situation rend, selon lui, nécessaire le renforcement de la transparence.
« La transparence, c’est l’accès à des informations fiables, actualisées et facilement utilisables pour améliorer la gestion des pêches. La transparence n’est pas une fin en soi », a-t-il rappelé.
M. Diarra est également revenu sur la Charte mondiale pour la transparence des pêches, qui promeut dix principes portant notamment sur les navires, les activités de pêche et la gouvernance du secteur.
Il a présenté les différents bénéfices attendus d’une meilleure transparence.
Pour l’État, elle doit permettre une meilleure mise en œuvre des politiques publiques, contribuer à la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), et participer à l’amélioration du climat social.
Pour les opérateurs, elle peut favoriser une meilleure visibilité, réduire la concurrence déloyale et ouvrir des opportunités en matière de labellisation.
Du côté des ressources halieutiques, la transparence doit contribuer à une meilleure connaissance et à une meilleure gestion de l’état des stocks, ainsi qu’à la conservation de la biodiversité.
Pour les consommateurs, l’enjeu est également de disposer de produits de la mer répondant à des exigences environnementales et sociales.
Les parlementaires appelés à jouer leur rôle
Le député Samba Dang, président du Réseau des parlementaires pour l’environnement au Sénégal (REPES), a, pour sa part, exposé le rôle des parlementaires dans cette dynamique.
« Les parlementaires sont des acteurs clés de la cohésion sociale et de la préservation des ressources halieutiques, à travers un travail en synergie avec les autres parties prenantes », a-t-il déclaré.
Selon lui, la mobilisation de l’ensemble des acteurs est nécessaire pour renforcer la transparence et promouvoir une pêche durable. Il a assuré que le REPES reste engagé à soutenir ces efforts.
Les médias incontournable dans le dispositif
Pour le Dr Demba Kane, de l’ADEPA, les journalistes occupent également une place essentielle dans les discussions sur l’avenir du secteur.
« Les journalistes jouent un rôle essentiel pour informer, sensibiliser et contribuer aux débats sur la pêche. Il est nécessaire de renforcer le rôle des médias, et l’ADEPA réaffirme sa volonté de mettre son expérience au service de discussions constructives et fructueuses », a-t-il souligné.
À travers ces échanges, l’atelier de Saly aura ainsi permis de réunir plusieurs acteurs autour d’un même enjeu : renforcer l’accès à l’information et la transparence dans la gouvernance des pêches au Sénégal, alors que le pays s’engage dans la révision de son cadre législatif.




