Député Mohamed Lamine Diaité : « Promouvoir l’éducation au genre pour déconstruire les stéréotypes …»

Khary Diène
Khary Diène
Dénoncer les abus de pouvoir, s’investir dans des campagnes pour la justice climatique, lutter contre la pauvreté ou la promotion de l'égalité des genres, jouer un...

Député à l’Assemblée nationale et vice-président de la Fédération des Entreprises pour le Développement Économique National et la Souveraineté (FEDENS), Mohamed Lamine Diaité apporte son regard sur la question du genre.

Selon lui, « en tant que législateur, un député sénégalais porterait un regard à la fois encourageant et critique sur les progrès notés et les défis à relever. Il saluerait les avancées législatives (parité, lutte contre les VBG) tout en soulignant les lacunes dans leur application, notamment en raison de normes socioculturelles persistantes et d’un manque de moyens institutionnels. »

Des actions prioritaires pour une égalité effective

Le vice-président de la FEDENS, qui a pris part au Ndogou-débat, a également énuméré les actions prioritaires à mener. Il déclare :

« Il faut renforcer l’application des lois via des budgets adaptés (ex : financement des cellules d’accueil pour victimes de VBG). Promouvoir l’éducation sensible au genre pour déconstruire les stéréotypes dès le jeune âge. Soutenir l’entrepreneuriat féminin par des politiques fiscales incitatives et un meilleur accès au crédit. Intégrer le genre dans toutes les politiques publiques, y compris l’agriculture et l’urbanisme, afin de répondre aux besoins spécifiques des femmes. »

Pour atteindre ces objectifs, M. Diaité plaide pour une collaboration entre les différents acteurs et le respect des engagements internationaux :

« Un député insisterait sur la nécessité de partenariats avec la société civile (ex : AJS, RADDHO), les leaders religieux et les partenaires internationaux (UNFPA, ONU Femmes) pour amplifier l’impact des réformes. Le Sénégal, signataire de la CEDAW et des ODD, doit aligner ses politiques nationales sur ces engagements, en renforçant par exemple les mécanismes de redevabilité (rapports périodiques, audits genre). »

Un engagement parlementaire essentiel

Mohamed Lamine Diaité trace la voie que devrait suivre tout élu du peuple engagé sur la question du genre :

« Bien que le Sénégal soit un modèle en matière de représentation politique féminine en Afrique, le chemin vers l’égalité réelle reste long. Un député engagé devra conjuguer volontarisme législatif, plaidoyer communautaire et innovation politique pour transformer les structures sociales et économiques qui perpétuent les inégalités. »

Un combat de longue haleine 

Le député reconnaît néanmoins le travail déjà accompli en faveur de l’égalité des sexes :

« Les femmes sénégalaises mènent depuis des décennies des plaidoyers vigoureux pour l’égalité des genres, structurés autour de plusieurs axes clés. La loi sur la parité (2010) a permis une avancée significative, avec 42 % des sièges à l’Assemblée nationale occupés par des femmes. Cependant, des défis persistent dans les instances locales et les postes décisionnels. »

La lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) a également progressé, notamment avec la loi de 2020 criminalisant le viol et le harcèlement sexuel. Toutefois, leur application reste inégale.

Le Code de la famille, révisé en 2010, a renforcé les droits des femmes en matière d’héritage, de divorce et de garde d’enfants, mais des résistances culturelles freinent encore son effectivité.

Éducation et autonomisation des femmes : des enjeux cruciaux

Enfin, Mohamed Lamine Diaité a abordé les défis liés à l’éducation et au maintien des filles à l’école, ainsi que l’autonomisation économique des femmes. Il explique :

« Les associations féminines plaident pour un accès équitable à l’éducation, notamment en milieu rural, et pour des programmes d’autonomisation économique (microcrédits, formations professionnelles). Malgré des progrès, les femmes restent surreprésentées dans le secteur informel. »

Le député a conclu en évoquant la problématique des mariages précoces et des mutilations génitales féminines (MGF), qui touchent encore de nombreuses jeunes filles.

« Les militantes luttent contre les mariages précoces (30 % des filles mariées avant 18 ans) et les mutilations génitales féminines, encore pratiquées dans certaines régions malgré leur interdiction légale. L’accès aux services de santé maternelle est également un enjeu majeur. »

Mohamed Lamine Diaité rappelle ainsi que la promotion de l’égalité des genres doit être une priorité nationale, portée par des politiques publiques ambitieuses et un engagement sans faille des décideurs.

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Dénoncer les abus de pouvoir, s’investir dans des campagnes pour la justice climatique, lutter contre la pauvreté ou la promotion de l'égalité des genres, jouer un rôle actif dans la transformation positive de la société sénégalaise, tout en respectant les normes professionnelles du Journalisme.
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