GMMP 2025 : une avancée de la présence féminine, avec des écarts entre les types de médias

Khary Diène
Khary Diène
Dénoncer les abus de pouvoir, s’investir dans des campagnes pour la justice climatique, lutter contre la pauvreté ou la promotion de l'égalité des genres, jouer un...

Le Réseau interafricain pour les Femmes, Médias, Genre et Développement a publié, le 22 avril 2026, le rapport national du Projet mondial de monitorage des médias (GMMP) 2025. Cette 7e édition, coordonnée par l’Association mondiale pour la communication chrétienne (WACC), met en évidence à la fois des progrès et des déséquilibres persistants dans la représentation des femmes dans les médias .

Placé sous le thème « De l’évidence à l’action : faire progresser des systèmes médiatiques sensibles au genre en Afrique », FAMEDEV a organisé des sessions d’échanges portant sur l’intégration du genre dans les médias, les innovations liées à l’intelligence artificielle, ainsi que la formation et l’insertion des jeunes. Ces échanges visent à formuler des recommandations et à élaborer un plan d’action.

Le chargé de projet de FAMEDEV, Papa Adama Touré explique que la rencontre a réuni des professionnels des médias de la région de Casamance et de plusieurs pays africains, notamment Madagascar, le Burkina Faso et le Togo, afin de partager les résultats du rapport et de définir une feuille de route pour la période 2026-2030. Il a précisé que ce rapport repose sur un monitorage réalisé sur une seule journée parmi 365, nécessitant une interprétation contextuel.

Au Sénégal,les données issues du monitorage réalisé le 6 mai 2025 sur un échantillon de 14 médias (8 en presse écrite, 2 en radio, 2 en télévision et 2 en presse en ligne) montrent une forte présence féminine dans plusieurs supports. Les femmes représentent 79 % des sujets et sources dans la presse écrite, 75 % à la radio et 67 % dans la presse en ligne.

À la télévision, les hommes demeurent majoritaires parmi les intervenants, avec un taux de 67 %, révélant une disparité selon les supports médiatiques.

Il  met également en évidence un écart entre la prise de parole et la visibilité des femmes. Bien qu’elles soient souvent majoritaires dans les citations, leur présence visuelle reste plus faible.

Et souligne par ailleurs un accès différencié à la parole publique selon le sexe et l’âge. Les hommes, en particulier les plus jeunes, occupent majoritairement les rôles d’experts, tandis que les femmes apparaissent plus fréquemment dans des rôles secondaires, les femmes âgées étant les moins visibles.

Selon le document, la répartition des thématiques traitées reste marquée par le genre : les femmes sont davantage associées aux sujets sociaux, de santé ou de droits humains, tandis que les hommes dominent les domaines économiques et politiques.

L’intégration de l’égalité de genre apparaît de manière marginale dans les contenus médiatiques, avec une présence limitée et variable selon les secteurs.

Ziguinchor a été choisi pour le lancement du rapport dans une logique de décentralisation des activités et de continuité avec des actions de formation menées depuis 2023 dans plusieurs régions, dont Ziguinchor, Tambacounda, Matam et Saint-Louis.

Diakhoumba Gassama, responsable de programme à la Fondation William et Flora Hewlett, a évoqué la faible visibilité des femmes et des filles comme actrices de la vie économique et sociale, malgré les initiatives existantes.

Fadel Mbaye, représentant du Maire de Ziguinchor considère que ce rapport met en lumière la place accordée aux femmes dans l’espace public. Selon M.Mbaye  les médias contribuent à structurer les perceptions sociales.

Il poursuit et déclare que, la municipalité de Ziguinchor inscrit l’égalité et le développement inclusif parmi les priorités de sa gouvernance, avec un appui aux initiatives liées au genre.

Aussi , il  a évoqué les actions visant à faciliter l’accès des femmes au foncier et aux financements, ainsi que les mesures de lutte contre les violences basées sur le genre. Il a également appelé les acteurs des médias à jouer un rôle moteur dans ces dynamiques.

FAMEDEV rappelle que ce rapport constitue un outil destiné aux professionnels des médias, aux décideurs, aux chercheurs et aux acteurs engagés dans la promotion d’une information plus inclusive.

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Dénoncer les abus de pouvoir, s’investir dans des campagnes pour la justice climatique, lutter contre la pauvreté ou la promotion de l'égalité des genres, jouer un rôle actif dans la transformation positive de la société sénégalaise, tout en respectant les normes professionnelles du Journalisme.
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