Programme 3R : ONU Femmes veut étendre l’initiative à tout le Sénégal

Khary Diène
Khary Diène
Dénoncer les abus de pouvoir, s’investir dans des campagnes pour la justice climatique, lutter contre la pauvreté ou la promotion de l'égalité des genres, jouer un...

ONU Femmes Sénégal a organisé, ce lundi à Dakar, un atelier de capitalisation et de clôture des bonnes pratiques du programme 3R (Reconnaître, Réduire, Redistribuer). La rencontre a réuni plusieurs réseaux de femmes ainsi que des acteurs institutionnels engagés dans la promotion de l’égalité de genre et de l’autonomisation des femmes.

Présente à cette rencontre, Arlette Mvondo a rappelé que le programme vise principalement à rendre visible le travail de soins non rémunérés assuré par les femmes.

« Le travail de soins renvoie aux tâches domestiques. Nous savons tous que ces activités sont essentielles, car elles permettent de s’occuper des enfants, des ménages, mais aussi de faire vivre les communautés à travers la collecte d’eau, la collecte du bois, ainsi que l’assistance aux personnes âgées et aux personnes vivant avec un handicap. Malheureusement, tout ce travail accompli par les femmes et les enfants n’est pas comptabilisé dans les indicateurs macroéconomiques », a-t-elle expliqué.

Selon elle, plusieurs études montrent que ces activités représenteraient près de 13 % du PIB, illustrant ainsi la contribution significative des femmes et des enfants à la vie économique du pays.

Le programme 3R s’est également intéressé à la pénibilité et à l’intensité des tâches domestiques. Pour y répondre, une approche participative a été privilégiée à travers des consultations communautaires afin d’identifier les solutions les plus adaptées.

À l’issue de ces échanges, trois principaux défis ont été identifiés. Le premier concerne la garde des enfants, notamment pour les femmes engagées dans les activités agricoles ou génératrices de revenus, souvent contraintes de travailler avec leurs nouveau-nés.

« Il était question de voir comment renforcer les mécanismes de prise en charge des enfants, à travers notamment des crèches et d’autres dispositifs communautaires », a indiqué Arlette Mvondo.

Le deuxième défi porte sur la pénibilité du travail domestique et agricole. Dans ce cadre, le programme a mis l’accent sur la mise à disposition de technologies adaptées afin d’améliorer les conditions de production agricole et les conditions de vie des ménages.

Le troisième défi identifié concerne la prise en charge de ces problématiques dans les budgets communaux. Selon la représentante de ONU Femmes Sénégal, l’objectif est de promouvoir une planification et une budgétisation sensibles au genre afin que les collectivités territoriales prennent davantage en compte les besoins spécifiques des femmes dans leurs politiques publiques.

Par ailleurs, ONU Femmes Sénégal ambitionne désormais d’étendre le programme à l’ensemble du territoire national, grâce notamment au soutien de la coopération allemande.

« Notre ambition est de passer de trois régions couvertes actuellement à une mise en œuvre du programme à l’échelle nationale », a souligné Arlette Mvondo.

De son côté, Rokhaya Diakhate, directrice de la Famille et représentante du ministre de la Famille et des Solidarités, a estimé que le travail de soins non rémunérés constitue aujourd’hui l’un des principaux obstacles à la pleine participation des femmes au développement.

Elle s’est également félicitée des résultats obtenus par le programme 3R.

« Ce programme a permis d’expérimenter des approches innovantes et transformatrices dans plusieurs régions du Sénégal. Les résultats enregistrés témoignent de la pertinence de cette initiative, notamment à travers le renforcement de l’autonomisation économique des femmes et des filles, ainsi que l’amélioration de l’accès aux services sociaux de base », a-t-elle déclaré.

Pour Rokhaya Diakhate, l’amélioration des conditions de vie des femmes a un impact direct sur les familles et les communautés.

« Quand la femme avance, la famille avance. Et lorsque la famille progresse, c’est toute la communauté qui se développe », a-t-elle conclu.

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Dénoncer les abus de pouvoir, s’investir dans des campagnes pour la justice climatique, lutter contre la pauvreté ou la promotion de l'égalité des genres, jouer un rôle actif dans la transformation positive de la société sénégalaise, tout en respectant les normes professionnelles du Journalisme.
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