Un atelier de formation consacré aux techniques de couverture médiatique des violences basées sur le genre (VBG) et à la lutte contre les stéréotypes sexistes dans les médias en ligne et sur les réseaux sociaux s’est ouvert ce mercredi 6 mai 2026 à la Maison de la Presse, à Dakar.
Organisée par Info Elle avec le soutien de Unesco, cette session s’inscrit dans le cadre du Programme international pour le développement de la communication (PIDC). La formation, prévue sur trois jours, vise à promouvoir une information éthique, inclusive et sensible au genre.
La rencontre a été présidée par Michel Kenmoe, conseiller Afrique de l’Ouest pour la communication et l’information au bureau régional multisectoriel de l’UNESCO.
Prenant la parole, il a rappelé les priorités de l’organisation en matière d’égalité des genres et de lutte contre les violences basées sur le genre.
« Le véritable défi qui constitue notre préoccupation, c’est la question de l’égalité des genres dans la société, de la sécurité des hommes et des femmes, ainsi que des violences basées sur le genre. Comment peut-on endiguer ce fléau dans la société ? La question de l’égalité des genres figure parmi les priorités globales de notre organisation. C’est dans ce cadre que le Programme international pour le développement de la communication a soutenu cette initiative d’InfoElle afin qu’à travers la formation des journalistes, nous puissions contribuer à la lutte contre ce fléau », a déclaré M. Kenmoe.
Selon lui, le traitement médiatique des violences basées sur le genre joue un rôle déterminant dans la perception du phénomène par l’opinion publique.
« La manière dont les médias traitent les questions de violences basées sur le genre peut soit amplifier le phénomène dans la société, soit normaliser certains stéréotypes, soit encore contribuer à faire avancer le débat ainsi que les actions visant à endiguer ce fléau », a-t-il expliqué.
Le responsable de l’UNESCO estime ainsi que cette formation doit permettre aux professionnels des médias d’adopter des approches plus responsables et constructives dans le traitement de ces questions.
« La formation vise à faire en sorte que la manière dont les professionnels des médias traitent cette question ait un impact positif dans la lutte contre les violences basées sur le genre. Il s’agit de promouvoir une société où les hommes et les femmes vivent en sécurité, sans violence, et où les femmes occupent pleinement leur place avec liberté et autonomie », a-t-il ajouté.
Abordant la situation au Sénégal, Michel Kenmoe a reconnu les efforts engagés ces dernières années à travers plusieurs programmes et initiatives gouvernementales mis en place à la suite de cas de violences basées sur le genre largement relayés dans l’espace public.
Il a également évoqué les statistiques publiées par des organisations de la société civile ainsi que les résultats du monitoring réalisé par InfoElle sur le traitement médiatique des violences basées sur le genre.
« Ces différents éléments montrent qu’il s’agit d’une préoccupation majeure qui mérite une attention particulière », a-t-il indiqué.
Le conseiller a par ailleurs regretté la faible place accordée à ces questions dans les médias.
« Ces questions n’occupent pratiquement pas les unes. Elles représentent à peine 5 % des autres rubriques et sont souvent reléguées aux faits divers », a-t-il souligné.
L’initiative cible plusieurs régions du Sénégal, notamment Dakar, Thiès, Saint-
À l’issue de cette formation, un guide de reportage accompagné d’un lexique genre sera élaboré afin de permettre aux journalistes de disposer d’outils et de techniques adaptés pour la couverture des violences basées sur le genre.
Les organisateurs entendent également mener des actions de plaidoyer au sein des rédactions afin que cette problématique soit davantage prise en compte, aussi bien dans le traitement de l’information que dans les instances de gouvernance des médias.




