La Cellule nationale de Traitement des Informations financières (CENTIF) a présenté, ce mardi à Dakar, son rapport annuel 2025 au cours d’une rencontre avec la presse organisée dans un hôtel de la capitale sénégalaise.
Selon le document présenté, la CENTIF a enregistré en 2025 un total de huit cent soixante-six (866) déclarations de soupçon, soit une baisse de 6,7 % par rapport à l’année 2024.
Malgré ce recul, l’institution estime que cette évolution ne remet pas en cause la dynamique observée ces dernières années. Le niveau des déclarations demeure en effet supérieur de 7,3 % à celui enregistré en 2023, traduisant ainsi une stabilisation de l’activité déclarative à un niveau élevé.
Le président de la CENTIF, Cheikh Mouhamadou Bamba Siby, a tenu à distinguer le rapport annuel présenté à la presse des rapports d’enquête transmis aux autorités judiciaires.
« Ce rapport retrace les activités majeures de l’année 2025. Il est différent des rapports d’enquête que nous établissons et transmettons régulièrement au Pôle judiciaire financier. En 2025, nous avons établi 37 rapports transmis au Pôle judiciaire financier, contre 46 en 2024 », a-t-il expliqué.
Le responsable a également précisé que les rapports opérationnels produits par la CENTIF ne doivent pas être confondus avec le rapport annuel d’activités.
« Ces rapports ne sont pas identiques aux rapports annuels que nous venons de présenter. Le rapport annuel retrace les activités de l’institution, alors que les autres rapports sont établis régulièrement et transmis au Pôle judiciaire financier », a souligné M. Siby.
Le président de la CENTIF a par ailleurs insisté sur l’importance de l’évaluation mutuelle actuellement en cours au Sénégal. Une évaluation qu’il considère comme l’un des principaux enjeux pour les années à venir.
« L’évaluation mutuelle a démarré en 2025 et doit s’achever en mai 2027. L’élément majeur en termes de perspectives reste cette évaluation mutuelle », a-t-il déclaré.
Cheikh Mouhamadou Bamba Siby a tenu à rappeler que cette procédure ne concerne pas uniquement la CENTIF, mais l’ensemble du dispositif national sénégalais de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
« L’évaluation mutuelle n’est pas l’évaluation de la CENTIF, mais celle du Sénégal. La CENTIF assure le système permanent de cette évaluation, mais c’est bien le Sénégal qui est évalué. Tous les acteurs nationaux impliqués sont mobilisés et engagés pour réussir cette évaluation en cours depuis 2025 et qui prendra fin en mai 2027 », a-t-il indiqué.
Le président de la CENTIF a enfin évoqué le travail de coordination mené avec plusieurs administrations et structures de contrôle.
« Nous appuyons une opération au niveau national avec les entités de contrôle, les administrations fiscales et douanières, ainsi que toutes les structures pouvant contribuer aux dossiers traités par la CENTIF », a-t-il conclu.




