Députée non inscrite siégeant à la XVème législature, Anta Babacar Ngom a saisi l’occasion de la célébration des droits des femmes pour raviver l’image de la femme sénégalaise.
« Une femme, debout, libre, digne, est une force inébranlable. Leur courage ne relève pas du passé. Il est notre boussole, il est notre exigence. L’histoire du Sénégal est jalonnée de figures illustres qui ont prouvé que les femmes ne sont ni secondaires, ni accessoires, mais bien au cœur de la marche de notre société.
De la reine Ndaté Yalla à Aline Sitoé Diatta, Mame Fawade Wélé, Mame Diarra Bousso, et, plus proche de nous, Annette Mbaye d’Erneville, Mame Madior Boye, entre autres. Toutes, à leur époque respective, ont bravé les interdits, affronté les obstacles et inscrit leur nom au Panthéon de notre mémoire nationale. Elles nous rappellent que le potentiel des femmes est illimité et que notre devoir est d’ouvrir toutes les portes et de briser tous les plafonds de verre. »
Cependant, la députée en appelle au respect des acquis des femmes par l’État afin qu’elles puissent jouir pleinement de leurs droits.
« Mais leur combat n’est pas terminé. Nous sommes à un tournant crucial, un tournant où le Sénégal doit reconnaître les injustices qui ont trop longtemps marginalisé les femmes.
Un tournant où inclusion et égalité doivent devenir des réalités concrètes et non de simples slogans. Car si notre thème d’aujourd’hui est l’inclusion, c’est bien parce qu’il existe dans notre société des laissés-pour-compte, des marginalisés, des invisibles que nous refusons encore d’intégrer. Nous sommes tous conscients de la situation économique très difficile et préoccupante de notre pays. Nous ne pouvons plus nous permettre d’ignorer celles qui, sur leurs épaules, portent l’économie sénégalaise. Nous, femmes sénégalaises, sommes les premières victimes des crises économiques. Mais sachez que nous sommes aussi les premières bâtisseuses de résilience. »
Anta Babacar Ngom dénonce également l’absence des femmes dans les instances de décision et leur marginalisation.
« Nous savons maintenir le tissu social. Nous savons comment faire. Et pourtant, nous sommes trop souvent absentes des cercles où se dessine l’avenir de notre pays. Nous sommes nourricières, mais oubliées. Nous sommes éducatrices, mais ignorées. Nous sommes bâtisseuses, mais écartées.
Je viens aujourd’hui avec une alerte sur les violences sexuelles et sexistes, les mutilations génitales, les mariages forcés, les grossesses précoces, les inégalités persistantes. Je dénonce les écarts de salaire et la sous-représentation des femmes dans les postes de décision.
Je m’adresse aussi à mes consœurs, femmes parlementaires de la 15ème législature. Ensemble, nous devons porter la voix des femmes sénégalaises. Ensemble, nous devons nous engager à promouvoir l’inclusion, à défendre les droits et à bâtir un avenir où elles ne seront plus jamais marginalisées. Nous devons exiger des réformes audacieuses, une gouvernance équitable et un développement inclusif qui valorise chaque femme. Ensemble, nous sommes les gardiennes de l’héritage des femmes de Nder.
Nous sommes les architectes d’un Sénégal plus juste et plus équitable. Prenons ensemble une promesse, mesdames, de défendre les droits des femmes, de durcir les peines contre les agresseurs, de garantir un accompagnement total aux victimes, une promesse de réformer le code de la famille, de prioriser la scolarisation des filles et de contribuer à bâtir un Sénégal où chaque femme peut s’épanouir pleinement. »
Pour conclure, Anta Babacar Ngom lance un appel solennel :
« Je viens aujourd’hui avec un plaidoyer pour des assises nationales des droits des femmes. Ces assises doivent être un moment historique, un espace où inclusion et justice guideront nos politiques publiques. Elles doivent entendre les voix des femmes de toutes les régions, de toutes les générations, et poser les bases d’une transformation profonde. »
Je viens aujourd’hui avec une alerte sur les violences sexuelles et sexistes, les mutilations génitales, les mariages forcés, les grossesses précoces, les inégalités persistantes. Je dénonce les écarts de salaire et la sous-représentation des femmes dans les postes de décision.




