Violences basées sur le genre : mieux lire les chiffres pour mieux informer

Khary Diène
Khary Diène
Dénoncer les abus de pouvoir, s’investir dans des campagnes pour la justice climatique, lutter contre la pauvreté ou la promotion de l'égalité des genres, jouer un...

Un atelier a été tenu ce lundi à Dakar par l’assocition des professionnels pour mieux informer sur le genre (APIG ) en partenariat avec ONU Femmes à l’occasion de la Journée internationale de la femme. Ce, dans le but de mettre en lumière l’importance cruciale des statistiques de genre pour améliorer l’accès à la justice.

Selon la présidente de l’APIG, l’objectif principal de cette rencontre est de permettre aux journalistes de s’approprier les données désagrégées fournies par l’ANSD, afin de mieux lutter contre les violences basées sur le genre.

De son côté, Adama Diouf Ly a souligné que « l’utilisation de chiffres bruts sans analyse contextuelle peut s’avérer contre-productive et renforcer les stéréotypes au lieu de les déconstruire ».

À travers cet espace d’échanges réunissant producteurs de données, professionnels des médias et acteurs de la justice, l’ambition est de transformer les statistiques en véritables leviers d’action. En comprenant les réalités qui se cachent derrière les chiffres, notamment ceux issus du système judiciaire, les journalistes peuvent mieux orienter le débat public, contribuer aux politiques publiques et sensibiliser les populations, sans tomber dans le piège du sensationnalisme.

La présidente de l’APIG a également précisé que cette démarche s’inscrit dans la stratégie nationale pour l’équité et l’égalité de genre, visant à garantir une protection effective des droits des femmes et des filles à travers une information rigoureuse et responsable.

La représentante d’ONU Femmes a, quant à elle, rappelé que « dans le contexte sénégalais, des avancées remarquables ont été enregistrées, comme la criminalisation du viol. Cependant, ces progrès révèlent aussi d’autres réalités persistantes : le mariage précoce, les violences basées sur le genre, la méconnaissance des lois, la stigmatisation des victimes et la crainte des représailles. À cela s’ajoutent des normes sociales et culturelles patriarcales qui perpétuent les inégalités ».

Elle a ajouté : « Vous êtes les passeurs, les traducteurs entre les chiffres et les réalités humaines qui se cachent derrière. Le programme Women Count d’ONU Femmes vise à transformer la manière dont les statistiques de genre sont produites, partagées et, surtout, utilisées. Au Sénégal, nous avons investi dans la production de données sur le travail non rémunéré, les violences faites aux femmes et les risques environnementaux. »

Seynabou Sarr a, pour sa part, rappelé aux journalistes que « ces données ne changeront rien si elles restent enfermées dans des rapports techniques. C’est vous qui leur donnez vie. C’est votre plume, votre micro et votre caméra qui leur donnent du sens ».

Elle a insisté sur le fait que cet atelier, conçu avec l’APIG, « n’est pas un simple événement de commémoration, mais un investissement stratégique dans les capacités des médias sénégalais à devenir de véritables acteurs de la recevabilité en matière de genre ».

Mme Sarr a déclaré pour finir :« Aujourd’hui, à travers les Data Lab, le Challenge Story with Data et les échanges avec nos collègues du ministère et de l’AJS, vous allez vous approprier des outils concrets pour traiter les données avec rigueur, éthique et avec tout l’impact que ces sujets méritent. »

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Dénoncer les abus de pouvoir, s’investir dans des campagnes pour la justice climatique, lutter contre la pauvreté ou la promotion de l'égalité des genres, jouer un rôle actif dans la transformation positive de la société sénégalaise, tout en respectant les normes professionnelles du Journalisme.
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