Vision Sénégal 2050, rôle des femmes : Maimouna Dieye dénonce les violences faites aux femmes et appelle à s’attaquer aux racines du problème

Khary Diène
Khary Diène
Dénoncer les abus de pouvoir, s’investir dans des campagnes pour la justice climatique, lutter contre la pauvreté ou la promotion de l'égalité des genres, jouer un...

Un atelier de deux jours s’est ouvert ce vendredi à Dakar, réunissant le ministère de la Famille et des Solidarités, ainsi que des organisations et réseaux de femmes. Cet événement s’articule autour du thème « Vision Sénégal 2050 : rôle des femmes, engagement et perspectives ».

Cette rencontre, qui tombe à point nommé, intervient dans un contexte où les violences basées sur le genre ne sont plus seulement un débat théorique, mais une réalité préoccupante. Les récents cas de viols et de meurtres perpétrés contre des femmes et des fillettes, entraînant de lourdes conséquences psychologiques et sociales, appellent une action urgente.

La ministre de la Famille et des Solidarités, Maimouna Dieye, a présidé la cérémonie d’ouverture en adressant un message fort aux participantes et participants.La ministre a évoqué des faits marquants de ces derniers mois, soulignant la nécessité d’une réflexion approfondie pour remédier à ce phénomène. « Cette rencontre intervient dans un contexte marqué par un bilan tragique de nombreuses pertes humaines touchant des femmes et des filles. Que ce soit dans des accidents, comme la disparition récente de l’honorable Fanta Sagna, ou dans des cas de viols parfois suivis de meurtres – à l’instar des cas de Mariama Sagna, Diary Dow à Malika, Yamou Ndiaye à Touba, et bien d’autres, ces drames laissent des séquelles traumatiques profondes, notamment chez des victimes comme Rabiatou Barry à Joal ou Sokhna Fall à Mbacké », a-t-elle déclaré.

Elle a également tenu à rendre hommage à Fanta Sagna, ancienne membre du H.C.C.T., pour son combat en faveur de l’égalité, de la paix et de la stabilité en Casamance, avant d’inviter l’assemblée à observer une minute de silence à la mémoire des disparues. « Ces événements tragiques nous obligent à faire une introspection sur la problématique récurrente des violences subies par les femmes et les jeunes filles, mais aussi à interroger les facteurs qui les favorisent », a-t-elle ajouté.

Maimouna Dieye plaide pour des solutions concrètes et durables
Mme Dieye a insisté sur la nécessité de mettre en œuvre des stratégies efficaces pour lutter contre ces violences. « Je ne doute pas que vos analyses et recommandations déboucheront sur des propositions concrètes pour apporter des réponses durables à ce phénomène. Ces violences, qui brident le potentiel des femmes et des filles, constituent un frein à leur épanouissement et, plus largement, au développement de notre société », a-t-elle souligné.

Elle a également rappelé que seule l’unité autour des objectifs communs permettra de vaincre ce fléau. Elle a exprimé son souhait que cet atelier débouche sur une contribution significative des femmes à l’agenda politique du Sénégal à l’horizon 2050. « Pour relever ces défis, nous, les femmes, nous devons nous unir davantage et faire preuve de solidarité dans nos actions. Notre potentiel démographique et notre rôle dans la société font de nous des actrices clés du renouveau du Sénégal. C’est ainsi que nous pourrons contribuer efficacement à l’agenda national de transformation », a-t-elle affirmé.

Elle a également mis l’accent sur la nécessité d’une collaboration étroite avec les hommes, tout en invoquant les figures emblématiques de l’histoire sénégalaise comme Aline Sitowé Diatta, Nathé Yalla ou encore Yacine Boubou, dont les combats doivent inspirer les générations présentes et futures.

Un appel à des solutions pragmatiques et inclusives
En conclusion, Maimouna Dieye a exhorté les participantes à s’impliquer pleinement dans les travaux des commissions pour identifier les véritables enjeux et solutions. « Cet exercice est une opportunité de diagnostiquer les problèmes rencontrés par les femmes et les jeunes filles, mais aussi de proposer des changements concrets pour construire un Sénégal inclusif et prospère », a-t-elle déclaré. Elle a également salué le soutien des partenaires techniques et financiers qui ont contribué à la tenue de cet atelier.

Cet événement marque un jalon important dans la lutte contre les violences faites aux femmes au Sénégal et dans la construction d’une société plus juste et équitable.

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Dénoncer les abus de pouvoir, s’investir dans des campagnes pour la justice climatique, lutter contre la pauvreté ou la promotion de l'égalité des genres, jouer un rôle actif dans la transformation positive de la société sénégalaise, tout en respectant les normes professionnelles du Journalisme.
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